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Séminaire théorique

Séminaire théorique


Commentaire du Séminaire XXIII de Jacques Lacan Le sinthome

Texte établi par Jacques-Alain Miller, Éditions du Seuil

Le séminaire commencera le 9 décembre 2011

Roger Cassin, Nathalie Charraud, Michel Grollier, Pierre-Gilles Guéguen, Anne-Marie Lemercier, Sophie Marret–Maleval, Jean Luc Monnier

« Des points de suspension », c’est l’écriture que Lacan [1] donne au symptôme qui ne cesse dese répéter. Le symptôme est aussi nomination, nouant les trois consistances, réelle, symbolique et imaginaire. Il est le nouage lui-même, nouage borroméen pour le névrosé.

Le symptôme névrotique est donc le quatrième qui noue borroméennement Réel, Symbolique et Imaginaire, de telle sorte que, sans lui, les trois autres sont libres.

En 1976-1977 c’est par la lecture « sérieuse » des textes d’un écrivain majeur de la première moitié du vingtième siècle, James Joyce [2], « l’irlandais », que Lacan, en suivant cette piste dans son séminaire, montre comment le sinthome –orthographe ancienne du symptôme– est aussi, ce qui peut faire tenir un nouage, non borroméen cette fois, malgré l’erreur provoquée par la carence du père, « Verwerfung de fait [3] ».

Lacan cherche à saisir comment quelqu’un a pu viser par son art, « de façon divinatoire, à substantialiser [4] » ce quatrième terme, le sinthome.

Le réel et le symbolique étant ici enchaînés comme des anneaux olympiques, l’imaginaire - le corps- non noué, glisserait si, par un travail incessant d’écriture, un work in progress [5], Joyce ne se construisait un « Ego » qui vient corriger l’erreur du noeud, c’est à dire suppléer à la défaillance du moi.

C’est, en effet, par l’écriture que Joyce réussit cette performance. C’est son savoir-faire. Une écriture où l’écrit prime sur le sens, où la chronologie est bouleversée, où les trouvailles volontiers translinguistiques l’emportent sur le récit. Il en émerge un style dont la modernité influencera bien des contemporains, parmi les meilleurs. Joyce voulait occuper les universitaires pendant trois cents ans. Il réussit par son art à se faire un nom, « un nom qui lui est propre, c’est cela que Joyce valorise aux dépens du père [6] »

Jacques-Alain Miller a proposé comme titre pour le prochain congrès de la New Lacanian School en Israël : « Lire un symptôme [7] » . Il indique qu’il s’agit de savoir lire « l’écriture comme hors sens, comme Anzeichen, comme lettre, à partir de sa matérialité. » « …la discipline de lecture vise la matérialité de l’écriture, c’est-à-dire la lettre en tant qu’elle produit l’événement de jouissance déterminant la formation des symptômes. »

Il s’agira d’étudier la lecture de Lacan du symptôme Joyce.

Inanalysable, Joyce nous montre la place nodale du symptôme, dépouillé de tous les effets de sens.

Lacan nomme Joyce « du nom qu’il mérite » : « Joyce le sinthome ». Joyce a choisi, en effet « d’être hérétique de la bonne façon. »

« La bonne façon est celle qui, d’avoir bien reconnu la nature du sinthome, ne se prive pas d’en user logiquement, c’est à dire d’en user jusqu’à atteindre son réel, au bout de quoi il n’a plus soif. » [8]