Edition 2018

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1e après-midi : Ceux qui décrochent

 

Depuis quelques années la préoccupation pour les élèves qui décrochent a pris une grande importance dans l’Éducation Nationale. Les « décrocheurs » sont plutôt des adolescents qui progressivement ou de façon soudaine se trouvent dans l’incapacité de suivre les cours ou disent décider de ne plus fréquenter le collège ou le lycée. Des études mettent en cause les facteurs de décrochage liés à l’Ecole, à la pédagogie, à l’adolescence.

Les enseignants et les équipes éducatives ont conçu des programmes pour soutenir ces jeunes, prévenir leur décrochage et les ramener vers la formation scolaire ou professionnelle. Il reste que si le décrochage ne se produit pas par hasard, la cause en est toujours singulière et nécessite une réponse qui se fonde de cette singularité même, en tenant compte de la logique du sujet et de l’inconsistance de son monde. Pour qu’un individu puisse consentir aux programmes de valorisation de ses talents, un repérage préalable de la façon dont il se coupe de l’Autre (scolaire notamment) est nécessaire afin de le rejoindre au plus intime de son lien à la vie et au désir.

Le décrochage, au-delà des adolescents, concerne aussi ceux qui cessent de travailler ou de s’occuper de leurs proches et d’eux-mêmes. Rien ne semble plus faire sens ni avoir de valeur pour eux, l’unité du moi semble dissolue. On parle de dépression, de bipolarité… Mais là aussi il s’agit de rendre compte, au cas par cas, de ce qui amène un sujet à glisser dans un abandon de ce qui le soutenait dans le lien social. Quelle est la logique de la destitution qui le frappe et de la déstructuration qui emporte son monde ? Ceci n’est pas sans lien avec son économie subjective et une équipe de soignants ou d’éducateurs peut le percevoir, à travers des détails, des répétitions ou quelques éléments de discours…

Comment tirer les conséquences cliniques de cette lecture ? Si un sujet peut se faire à son insu l’agent de sa propre perte, comment lui permettre un nouvel accrochage avec lui-même et dans son lien à l’Autre, sans devoir faire appel à sa raison ou aux valeurs communes qui l’orienteraient vers l’adaptation à une supposée normalité ? Cette voie, outre le problème éthique qu’elle pose s’avère fort instable.

 

2e après-midi : Ceux qui ne font pas confiance

 

Il semble aller de soi dans une société démocratique que la confiance doive gouverner le rapport du sujet à l’Autre, notamment l’Autre qui veut l’aider, le protéger, le soigner… Or le fondement même de la structure subjective implique, pour tous, la rivalité avec le semblable, avant que les effets du lien à l’Autre pacifient le sujet et lui donnent un sentiment d’unité qui lui permet de s’orienter dans le monde et dans le lien social.

Certains sujets n’ayant pas accès à ce réglage sont réticents face à tout autre qui veut s’occuper d’eux. Ne se laissant pas rassurer à bon compte, ils perçoivent les projets et contrats thérapeutiques ou éducatifs comme des injonctions, tout en restant d’ailleurs parfois apparemment consentants. Il est difficile pour les professionnels d’une institution de travailler avec celui ou celle qui estime que l’Autre ne peut savoir ce qui lui convient –ou, lorsqu’il s’agit d’un parent, ce qui convient à son enfant. Cette méfiance peut faire vaciller leur désir. Le risque est que le rapport au patient ou à ses partenaires vire au duel agressif, en miroir. Mais nous pouvons ménager un accès à la question de ce contre quoi ce sujet essaie de se défendre. Tenter de lire les coordonnées du rapport de chaque sujet à l’Autre et à la langue, pour en déduire les modalités de présence et d’adresse qui lui soient supportables, peut aider l’institution qui l’accueille à répondre à la logique de sa réticence.

 

3e après-midi : Ceux qui ne sont pas motivés

 

La motivation est une version contemporaine des incidences du désir, telles que les appréhende le langage de la performance dans l’école ou l’entreprise. Dans ce contexte restreint, ne pas être motivé signifie ne pas pouvoir ou ne pas vouloir répondre aux objectifs de l’institution ou de l’organisation. Certains sujets se défendent de la demande de l’Autre, ils la perçoivent comme un dérangement voire une intrusion dans leur monde.

Mais il y a aussi ceux qui ne sont pas motivés sur tous les plans, autrement dit ceux dont le désir s’est éteint et qui vivent dans un monde figé, sans idéal et sans horizon. Leur discours est plutôt réduit, ils ne semblent pas animés par une plainte qui ferait signe d’un lien, par exemple sous la forme d’un reproche à un Autre consistant. Tout au plus indiquent-ils un certain ennui. La pulsion de mort qui gouverne ces sujets met à mal l’énergie déployée par des équipes éducatives ou soignantes pour qu’ils se réveillent.

L’ennui, c’est aussi la façon dont qualifient leur rapport au monde ceux qui ne vivent que pour et par la culture d’un seul objet : ils s’animent devant un écran, sur un champ de courses, ou en présence de leur double, humain ou animal. Le reste de la vie semble ne pas les concerner. « Rien ne les motive » dit-on. Cette indifférence apparente à ce qui les entoure déconcerte le désir des professionnels. Il s’agit alors pour ceux-ci de faire un pas de côté afin de ne pas se laisser emporter par le souci d’animer l’autre : c’est une condition pour remettre en circuit un désir de vie souvent gravement touché.

Dans tous ces cas, si différents soient-ils, une perspective analytique propose non pas d’interpréter au sujet son manque de motivation, ni de le motiver ou de le stimuler, mais de repérer à travers une attention portée à chaque élément qui angoisse ou qui entrave la relation, comment l’environnement institutionnel pourrait s’adapter à la position du sujet. Comment le praticien peut-il donner place à un consentement au lien, à une relation à l’Autre moins défensive dans certains cas, ou favoriser progressivement chez d’autres patients un décollage de la position d’objet de l’Autre ? Ceci nécessite un mode de présence marquée par un intérêt soutenu et discret.

 

Dates :

Vendredi  23 février 2018 – ceux qui décrochent

Vendredi  15 juin 2018 – ceux qui ne font pas confiance

Vendredi  21 septembre 2018 – ceux qui ne sont pas motivés

Horaires du premier groupe : 13h30 à 16h30

13h30- 15h00 : Théorie et repères cliniques

15h00 – 16h30 : Pragmatique du cas

Horaires du second groupe : 16h30 à 19h30

16h30- 18h00 : Théorie et repères cliniques

18h00 – 19h30 : Pragmatique du cas

Attention, pour le premier groupe, priorité aux inscriptions prises en charge par les institutions dans le cadre de la formation continue

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