Troisième après-midi

image-extension3. Ceux qui récidivent

 

 

 

Face à la récidive, les équipes éducatives et médicales peuvent être tentées de laisser tomber le patient et de passer le relais à d’autres instances. Le risque est de perdre le sens de ce qui les anime dans leur fonction en cédant sur leur désir.

Cette défense, assez logique, élude la question qui travaille chaque praticien : Pourquoi le pire se répète t-il ?

Freud nous a enseigné avec la pulsion de mort que le sujet ne tend pas vers son bien. La clinique contemporaine donne l’occasion de le vérifier au sens où le Nom-du-Père et les valeurs éducatives ou humanistes ne suffisent plus à réguler le penchant à vouloir jouir sans limite. Gourmandise du surmoi, disait Lacan. Il traduisait l’envers de l’interdit freudien par l’injonction : « Jouis ! ». La répétition fait donc partie de la structure du sujet.

Mais alors comment l’institution, qui « a pour but de réfréner la jouissance », peut-elle traiter la répétition ? Il s’agit d’abord au plan clinique de repérer ce qui n’a pas tenu, ce qui a fait effrac- tion dans la solution que le sujet avait trouvée. Saisir la logique d’une récidive peut donner, au plan pragmatique, les éléments pertinents pour introduire le sujet à la construction de nouveaux points d’ancrage dans le lien social, de nouveaux étayages et appuis identificatoires. Il s’agit alors de ré- inventer un lien entre objet, corps et vie sociale…

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