SÉMINAIRE DU CERCLE

Le séminaire d’étude et de recherche de la Section Clinique de Rennes, animé par Alice Delarue, Thomas Kusmierzyk, Sophie Marret-Maleval, Danièle Olive

Les jeudis 26 novembre 2026, 7 janvier 2027, 4 février 2027, 18 mars 2027, 15 avril 2027, 27 mai 2027, 17 juin 2027

 

Le CERCLE est le séminaire d’étude et de recherche de la section clinique (SC), réservé aux participants de la section clinique les plus chevronnés, qui ont été remarqués par les enseignants à l’occasion de la présentation de cas de leur pratique lors des séminaires pratiques.

Sur recommandation des enseignants, leur entrée au Cercle est ensuite soumise à approbation par le bureau de la SC. Les consultants du Centre Psychanalytique de Consultation et de Traitement (CPCT–parents de Rennes) sont issus du CERCLE.

Les sept soirées annuelles du CERCLE sont un approfondissement du thème annuel de la section clinique et sont articulées en deux temps, l’étude de grands textes théoriques et la discussion de cas,

Lieu de débat et de conversation, le CERCLE est un laboratoire de recherche et de formation, à la pointe de la clinique d’orientation lacanienne dont le bulletin IRONIK ! se fait régulièrement l’écho.

Argument CERCLE 2026-2027
Le temps de l’acte

Les attaques dont la psychanalyse fait aujourd’hui l’objet, ainsi que la promotion des thérapies cognitivo-comportementales et des neurosciences, ont mis la question de l’efficacité au premier plan. Ce mouvement conduit nécessairement la psychanalyse à préciser ce qu’elle entend par effet, et plus radicalement encore ce qu’elle considère comme étant en jeu dans une cure. Car réduire l’expérience analytique à ses effets thérapeutiques reviendrait à méconnaître ce qui constitue son opération propre.

C’est un point crucial de la formation du psychanalyste. L’expérience clinique peut permettre d’apprendre à lire un cas, à repérer une structure, à situer les coordonnées d’une demande. Mais jamais elle ne déterminera le moment d’une interprétation, ou d’un silence. Le repérage clinique produit par ailleurs des effets qui peuvent rendre à un sujet les conditions d’une existence plus supportable. Ce soulagement peut être un effet de la psychanalyse, mais celle-ci ne peut pour autant se mesurer à l’aune de ses effets thérapeutiques.

Cet écart est précisément celui que Lacan explore dans son Séminaire L’Acte psychanalytique 1. L’acte n’est pas l’application d’un savoir constitué à une situation clinique. Il engage la responsabilité de celui qui l’accomplit et ne se vérifie que dans ses conséquences.

Dans son « Ouverture de la Section clinique », Lacan indique que la clinique psychanalytique doit consister « non seulement à interroger l’analyse, mais à interroger les analystes, afin qu’ils rendent compte de ce que leur pratique a de hasardeux, qui justifie Freud d’avoir existé 2».

Le terme de « hasardeux » ne désigne pas ici une absence de rigueur, mais le point où l’analyste rencontre une dimension qui ne peut être absorbée par le savoir clinique préalable. La pratique analytique implique toujours un certain risque, dans la mesure où elle engage une réponse singulière à ce qui, dans la parole du sujet, ne se laisse pas prévoir. L’acte ouvre ainsi à la surprise, à un avant et un après dans le rapport du sujet à son dire et dans sa position vis- à-vis de ce qui, de la jouissance, ne bouge pas.

Cela ne signifie pas que l’acte soit sans calcul, mais celui-ci concerne plutôt la position depuis laquelle l’analyste intervient, le moment où une parole peut faire coupure, la façon dont une interprétation peut atteindre le sujet autrement que par l’ajout d’un sens nouveau.

Cette articulation entre clinique et acte est particulièrement sensible dans le champ de la psychanalyse appliquée. Jacques-Alain Miller souligne que la pratique des Centres psychanalytiques de consultations et de traitement – CPCT – exige « un haut degré de maîtrise clinique 3 ». Mais il ajoute que la psychanalyse appliquée « a une incidence […] sur la psychanalyse pure » et que cette incidence « ira croissante 4 ». Par ailleurs, le dernier enseignement de Lacan nous invite à saisir que l’effet analytique ne se laisse pas circonscrire à la seule clinique des névroses et renouvelle l’abord des psychoses ordinaires.

Nous mettrons donc au travail cette tension entre psychanalyse appliquée et psychanalyse pure à partir de la temporalité de l’acte, c’est-à-dire de ce moment où le savoir clinique cesse de pouvoir faire garantie.

 

1 Cf. Lacan J., Le Séminaire, livre XV, L’Acte psychanalytique, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2025.
2 Lacan J., « Ouverture de la Section clinique », Ornicar ?, no 9, avril 1977, p. 14.
3 Miller J.-A., « Vers PIPOL 4 », Mental, no 20, février 2008, p. 186.
4 Ibid., p. 188.
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