Vers l’institution

Extension de la Section Clinique de Rennes – 2023

Ceux qui ne décollent pas des écrans
Ceux qui ne sont jamais responsables
Ceux que l’angoisse paralyse

 

Durée: 3, 6 ou 9 heures

Dates : les vendredis 24/03/2023, 09/06/2023, 22/09/2023

Il est possible de s’inscrire à chacune des 3 dates séparément.

Horaires : de 13h30 à 16h30

Type d’action : Action de formation

Langue : Français

 

Responsable de la formation : Jean Luc Monnier / monnierj@orange.fr / 02 99 79 72 36.

 

Modalité d’entrée en formation :

  • Première inscription : admission sur dossier après entretien avec un enseignant
  • Réinscription : questionnaire d’évaluation avant la formation

 

Délai d’accès : Inscription possible jusqu’à 1 mois avant le début de chacun des trois modules de la formation.

 

Tarif de la formation :

Au titre de la formation permanente : 60 € par demi-journée ; 120 € pour deux demi-journées; 180 € pour les trois demi-journées

A titre individuel : 40 € par demi-journée ; 80 € pour deux demi-journées; 100 € pour les trois demi-journées

(Association loi 1901 non assujettie à la TVA).

 

Prérequis :

Pas de prérequis.

 

Public :

La formation s’adresse aussi bien aux travailleurs de la « santé mentale », psychiatres, médecins, psychologues, orthophonistes, etc. qu’aux psychanalystes eux-mêmes et aux universitaires intéressés par ce savoir particulier.

 

Accessibilité : 

Nos formations peuvent être accessibles aux personnes en situation de handicap. Pour les personnes en situation de handicap, merci de contacter notre référent handicap Anne Colombel-Plouzennec au 06 87 49 32 18, afin de vous accompagner et vous orienter au mieux vos démarches et en fonction de vos besoins.

 

Objectif de la formation et objectifs pédagogiques

 

Objectif de la formation :Appréhender « Ceux qui ne décollent pas des écrans », « Ceux qui ne sont jamais responsables » et « Ceux que l’angoisse paralyse ». 

 

Méthode pédagogique :

Introduction théorique et présentation de deux cas cliniques

Discussion entre les intervenants et les stagiaires

 

Contenu de la formation

Argument

Les institutions médicales, éducatives, médico-sociales reçoivent aujourd’hui des patients ou des « usagers » qui mettent leur personnel à rude épreuve. Qu’il s’agisse d’enfants, d’adolescents, d’adultes ou de personnes âgées, les symptômes et les difficultés subjectives laissent les professionnels dans un sentiment d’impuissance, voire de solitude lorsque la parole, le rappel de la loi ou le médicament ne suffisent plus.

La tâche qui incombe aux psychologues, et en général aux professionnels, est de plus en plus lourde : pris entre les différentes options thérapeutiques et les contraintes économiques de l’institution ils ont du mal à s’orienter dans leur pratique.

Or, il arrive de plus en plus que des patients gouvernés par la pulsion qui pousse à la jouissance immédiate ne puissent pas interpréter l’offre ou la demande de l’institution comme une aide, ils démissionnent ou passent à l’acte.

Les dispositifs éducatifs et thérapeutiques butent sur un impossible qui fait énigme :

quelque chose chez les patients se refuse à entrer dans le discours de l’Autre. Ils ne parviennent pas à se justifier autrement que par un « c’est plus fort que moi » ou « je ne sais pas pourquoi ».

Comment répondre à ces situations « d’urgence subjective » ?

Posons une hypothèse : l’insupportable que provoque, chez les praticiens, la « résistance »  du patient est la résonance d’un impossible dont celui-ci est prisonnier.

La démarche clinique de la psychanalyse s’oriente à partir de ce qui est insupportable pour le sujet, soit le réel qui l’envahit ou le persécute selon les cas, et dont il ne parvient pas à se défendre.

Elle permet de repérer l’économie pulsionnelle qui détermine, pour chacun, sa façon particulière de faire lien avec l’Autre, de s’en débrancher ou de passer à l’acte. S’en déduit un dispositif de travail et de relation adapté à chaque cas et tenant compte des traits d’étrangeté que présente le patient. C’est ainsi que la psychanalyse se sert de ce qui fait symptôme comme levier.

Le pari clinique est de rejoindre le sujet là où l’individu ne peut dire ce qui lui arrive, en lui proposant une présence qui lui permette de contrer la pulsion de mort et de renouer avec le vivant à partir des détails de son lien aux objets, au corps et à l’Autre… L’essentiel étant que le dispositif réponde à la logique singulière du cas.

Patients et professionnels ont chance d’y trouver un traitement de l’angoisse permettant peut-être de moins subir l’insupportable et de mieux supporter l’impossible.

 

Programme :

Introduction de la formation

 

I –Ceux qui ne décollent pas des écrans

 

Date :

Vendredi 24/03/2023,
de 13h30 à 16h30

 

Enseignants :

Alice Delarue Danièle Olive Mathieu Robin Thomas Kusmierzyk Christelle Sandras
Quentin Dumoulin

 

 

Objectifs du module :

 Sensibiliser les stagiaires aux enjeux psychiques liés aux usages singuliers des écrans.

 Apprendre à orienter la pratique clinique à partir de la logique du symptôme.

Contenu :

Ceux qui ne décollent pas des écrans sont de tous les âges et de toutes conditions socio-culturelles et économiques. Le phénomène doit donc être appréhendé par le biais de sa fonction pour chacun(e). Quel type de partenaire est l’écran pour celui qui ne s’en sépare pas ?

Tous les écrans (TV, cinéma, console, téléphone, ordinateur, etc.) sont-ils interchangeables ? Rien n’est moins sûr. Il n’est pas certain non plus qu’il faille a priori se désoler de ce qu’un sujet reste rivé à un écran. S’agit-il dans cette fréquentation assidue et parfois frénétique, d’une ouverture au monde, à la connaissance, voire d’invention, ou de protection contre tout ce qui menace dans l’environnement ou même à l’intérieur de soi ? Autrement dit, qu’est-ce qui se traite dans le collage à l’écran ? Quel rapport à soi, à l’Autre, au sexuel, au social, au familial, au politique, au temps, à l’espace ?

La psychanalyse permet d’appréhender le phénomène sous l’angle du rapport à l’objet et au discours. Ne pas décoller des écrans n’a pas le même statut selon que le sujet fait le tour d’un manque et d’un trou qui implique la pulsion dans un échange ou selon qu’il fait un avec son objet. La réponse institutionnelle ne sera pas la même quant à la façon de faire limite à cette dépendance.

D’autre part, il convient de se poser la question du contexte dans lequel s’inscrit cet usage, et de ses effets. Les réseaux sociaux donnent accès à des informations et un lien social s’y déploie, mais ils sont aussi des lieux de ravage quand le sujet est trop perméable et prêt à croire tout ce qui s’offre à lui.

Il est essentiel de repérer quel est le rapport du sujet concerné au symbolique, à l’imaginaire et au réel, afin de lui permettre un usage réglé, mais à sa main, de l’écran qui lui convient.

 

II – Ceux qui ne sont jamais responsables

 

Vendredi 09/06/2023, de 13h30 à 16h30

 

Enseignants :

Caroline Doucet Jean-Noël Donnart
Anne Brunet Anne-Marie Le Mercier
Anne Colombel- Plouzennec Marjolaine Mollé

Objectifs du module :

 Permettre aux stagiaires de repérer les enjeux contemporains liés à la question de la responsabilité.

 Appréhender la version de la responsabilité abordée par la psychanalyse lacanienne.

Contenu :

Notre époque ne favorise pas la prise en compte par les individus de leur responsabilité, sauf à ce qu’ils se voient dénoncés comme coupables d’un dommage causé à autrui et donc pénalement responsables face à des victimes.

Le déclin contemporain de la fonction paternelle pousse à jouir sans entraves et mine la notion de responsabilité. Le milieu éducatif et du travail doivent s’adapter sans cesse à ces sujets pour lesquels rien n’est grave. D’autre part, la réponse judiciaire souvent convoquée n’est pas toujours la plus juste pour amener un sujet à repérer quelle part lui revient des effets de ses actes ou de ses paroles. La tendance qui s’accentue côté « victimes » à faire porter à l’autre le poids de tout ce qui est éprouvé comme préjudice accentue le brouillage. Le problème est donc individuel, social et politique. Plus la jouissance est proposée comme directement accessible, plus la notion de responsabilité est refusée, entre déni et dénégation, et appréhendée en retour par la société sur le versant de la faute et de l’appel à sa répression.

La psychanalyse vise un autre versant – bien différent – de la responsabilité. Lorsque Lacan dit, dans son texte « La science et la vérité », que « de sa position le sujet est toujours responsable », il parle du sujet de l’inconscient, aux prises avec le langage, se heurtant au réel auquel il répond toujours de façon singulière, tout en ne voulant rien savoir de la cause qui le pousse à l’acte ni du fantasme avec lequel il répond.

Les cas qui seront travaillés lors de cette formation permettront de repérer quelles sont les conditions qui peuvent amener un sujet à éclairer ce qui le détermine ou à construire ce qui peut border sa confusion ravageante entre liberté et jouissance sans limite.

III – Ceux que l’angoisse paralyse

 

Vendredi 22/09/2023,
de 13h30 à 16h30

 

Enseignants :

Anne-Marie Le Mercier
Sane Thireau Gabrielle Ombrouck
Jean Luc Monnier
Laetitia Jodeau- Belle
Aymeline Deheuvels

Objectifs du module :

 Permettre aux stagiaires de repérer les modalités actuelles de l’angoisse.
 Situer les enjeux psychiques inhérents à l’angoisse.
 Permettre aux stagiaires de comprendre comment accompagner le sujet angoissé.

Contenu :

Le sujet paralysé par l’angoisse demande avant tout que cet insupportable s’arrête. Quand il ne peut ni se lever, ni se déplacer, travailler, échanger avec les autres, sa vie lui semble impossible, hors sens, il se sent au bord d’un trou sans nom qui l’étouffe.

La clinique psychiatrique contemporaine nomme cela « trouble anxieux généralisé », « panique », « phobie scolaire ou sociale » et répond par les anxiolytiques, les antidépresseurs voire les neuroleptiques. Les institutions répondent quant à elles par divers accompagnements et aménagements du temps scolaire ou professionnel.

Un endormissement du symptôme peut soulager momentanément le sujet et rassurer ceux qui s’en occupent. Mais le fond de l’angoisse demeure et la question de ce qui la cause reste entière. Le plus souvent, le sujet décrit un phénomène énigmatique, extérieur à lui, qui le saisit, l’envahit et l’assiège corps et âme.

Freud a proposé d’aborder l’angoisse comme une excitation libidinale impossible à prendre en charge pour le sujet, puis comme le signal d’un danger pulsionnel interne et irreprésentable. Lacan, sur les traces de Freud, gardera l’aspect signal de l’angoisse et en fera le seul affect qui ne trompe pas le sujet quant à la présence d’un réel menaçant de l’anéantir. L’angoisse concerne donc ce qui, d’un insondable, affecte un sujet ne trouvant pas les mots pour le cerner.

Nous chercherons, au cas par cas, comment accompagner le sujet angoissé dans une élaboration de ce qui est venu le déloger des assises dont s’assurait son moi, ou comment voiler avec lui l’irruption d’un réel qui a envahi et déstructuré son monde.

 

Organisation de la formation

Équipe pédagogique

Les enseignants, médecins ou psychologues de formation, pratiquent la psychanalyse et sont membres de l’ECF et de l’AMP.

Les Coordinateurs-Enseignants pour la Section clinique de Rennes sont :

  • Alice Delarue – alice_delarue@yahoo.fr
  • Caroline Doucet – carolinedoucet35@gmail.com
  • Pierre-Gilles Gueguen – pggueguen@orange.fr
  • Jean Luc Monnier – monnierj@orange.fr

 

Les enseignants sont tous psychanalystes, membres de l’ECF et de l’AMP :

Alice Delarue
Caroline Doucet
Anne-Marie Lemercier
Jean Luc Monnier

 

Moyens pédagogiques et techniques

  • Accueil des inscrits dans une salle dédiée à la formation.
  • Cours magistraux et exposés théoriques.
  • Séminaires pratiques avec exposition et discussion de cas.
  • Bibliographie recommandée.
  • Mise à disposition de documents supports à la suite de la formation.

 

Dispositif de suivi de l’exécution de l’évaluation des résultats de la formation avec l’application Digiforma :

  • Feuilles d’émargement.
  • Formulaires d’évaluation de la formation :
    • Évaluation des acquis : questionnaire
    • Évaluation de la satisfaction :
      • À la fin des journées de formation (à chaud).
      • Après la formation (à froid).
    • Certificat de réalisation de la formation.

 

Dernière modification : 27/09/2023

Les commentaires sont clos.