Vers l’institution

Vers l’institution
Extension de la Section Clinique de Rennes – 2022

Ceux qui ont besoin des murs
Ceux que leur orientation sexuelle tourmente
Ceux que le couple rend violents

 

Durée: 3, 6 ou 9 heures

Dates : les vendredis 25/03/2022, 10/06/2022, 23/09/2022

Il est possible de s’inscrire à chacune des 3 dates séparément.

Horaires : de 13h30 à 16h30

Type d’action : Action de formation

Langue : Français

 

Responsable de la formation : Jean Luc Monnier / monnierj@orange.fr / 02 99 79 72 36.

 

Modalité d’entrée en formation :

  • Première inscription : admission sur dossier après entretien avec un enseignant
  • Réinscription : questionnaire d’évaluation avant la formation

Délai d’accès : Inscription possible jusqu’à 1 mois avant le début de chacun des trois modules de la formation.

 

Tarif de la formation :

Au titre de la formation permanente : 60 € par demi-journée ; 180 € pour les trois demi-journées

A titre individuel : 40 € par demi-journée ; 100 € pour les trois demi-journées

(Association loi 1901 non assujettie à la TVA).

 

Prérequis :

Afin de suivre au mieux l’action de formation sus-mentionnée le stagiaire est informé qu’il est nécessaire d’être au moins du niveau de la 3ème année d’études supérieures après la fin des études secondaires.

Des demandes de dérogation peuvent cependant être faites auprès du secrétariat. Les admissions ne sont prononcées qu’après au moins un entretien du candidat avec un enseignant.

 

Public :

La formation s’adresse aussi bien aux travailleurs de la « santé mentale », psychiatres, médecins, psychologues, orthophonistes, etc. qu’aux psychanalystes eux-mêmes et aux universitaires intéressés par ce savoir particulier.

 

Accessibilité : 

Nos formations peuvent être accessibles aux personnes en situation de handicap. Pour les personnes en situation de handicap, merci de contacter notre référent handicap Anne Colombel-Plouzennec au 06 87 49 32 18, afin de vous accompagner et vous orienter au mieux vos démarches et en fonction de vos besoins.

 

Objectif de la formation et objectifs pédagogiques

 

Objectif de la formation :

  • Objectif 1 : permettre d’appréhender les situations complexes rencontrées par les professionnels en institution.
  • Objectif 2 : sensibiliser les professionnels à une approche adaptée à chaque problématique singulière rencontrée en institution.
  • Objectif 3 : Donner des outils conceptuels pour lire et traiter les situations complexes rencontrées en institution

 

Objectifs pédagogiques du programme par modules :

Ceux qui ont besoin des murs

  • Objectifs du module :
    • Sensibiliser les stagiaires à la complexité et l’intérêt psychique au plan structural des hospitalisations.
    • Apprendre à mener des entretiens orientés avec les patients qui doivent être maintenus en institution.
  • Contenu :
    • Apport conceptuel et clinique sur la conception lacanienne de la liberté dans la folie, sur la pulsion de mort et sur ce qui peut faire limite.
    • Apport clinique sur le transfert et son maniement en institution fermée.

Ceux que leur orientation sexuelle tourmente

  • Objectifs du module :
    • Permettre d’appréhender les problématiques liées à la sexualité et d’identifier leurs diverses manifestations cliniques chez les personnes accueillies en Institution.
  • Contenu :
    • Initiation à la théorie et la clinique lacaniennes de la sexualité. Introduction à la pertinence des concepts de jouissance, désir, pulsion, identification, identité de genre, choix d’objet.

Ceux que le couple rend violents

  • Objectifs du module :
    • Permettre d’acquérir les outils d’analyse face à une situation de violence de couple
    • Préciser et aider à la formulation d’un savoir sur les causes implicites
    • Apprendre à orienter et soutenir les modifications du lien au partenaire
  • Contenu :

Découverte et appréhension des concepts freudiens et lacaniens de pulsion, de jouissance et d’Autre.

 

Méthode pédagogique :

Introduction théorique et présentation de deux cas cliniques

Discussion entre les intervenants et les stagiaires

 

Contenu de la formation

Argument

Les institutions médicales, éducatives, médico-sociales reçoivent aujourd’hui des patients ou des « usagers » qui mettent leur personnel à rude épreuve. Qu’il s’agisse d’enfants, d’adolescents, d’adultes ou de personnes âgées, les symptômes et les difficultés subjectives laissent les professionnels dans un sentiment d’impuissance, voire de solitude lorsque la parole, le rappel de la loi ou le médicament ne suffisent plus.

La tâche qui incombe aux psychologues, et en général aux professionnels, est de plus en plus lourde : pris entre les différentes options thérapeutiques et les contraintes économiques de l’institution ils ont du mal à s’orienter dans leur pratique.

Or, il arrive de plus en plus que des patients gouvernés par la pulsion qui pousse à la jouissance immédiate ne puissent pas interpréter l’offre ou la demande de l’institution comme une aide, ils démissionnent ou passent à l’acte.

Les dispositifs éducatifs et thérapeutiques butent sur un impossible qui fait énigme :

quelque chose chez les patients se refuse à entrer dans le discours de l’Autre. Ils ne parviennent pas à se justifier autrement que par un « c’est plus fort que moi » ou « je ne sais pas pourquoi ».

Comment répondre à ces situations « d’urgence subjective » ?

Posons une hypothèse : l’insupportable que provoque, chez les praticiens, la « résistance » du patient est la résonance d’un impossible dont celui-ci est prisonnier.

La démarche clinique de la psychanalyse s’oriente à partir de ce qui est insupportable pour le sujet, soit le réel qui l’envahit ou le persécute selon les cas, et dont il ne parvient pas à se défendre.

Elle permet de repérer l’économie pulsionnelle qui détermine, pour chacun, sa façon particulière de faire lien avec l’Autre, de s’en débrancher ou de passer à l’acte. S’en déduit un dispositif de travail et de relation adapté à chaque cas et tenant compte des traits d’étrangeté que présente le patient. C’est ainsi que la psychanalyse se sert de ce qui fait symptôme comme levier.

Le pari clinique est de rejoindre le sujet là où l’individu ne peut dire ce qui lui arrive, en lui proposant une présence qui lui permette de contrer la pulsion de mort et de renouer avec le vivant à partir des détails de son lien aux objets, au corps et à l’Autre… L’essentiel étant que le dispositif réponde à la logique singulière du cas.

Patients et professionnels ont chance d’y trouver un traitement de l’angoisse permettant peut-être de moins subir l’insupportable et de mieux supporter l’impossible.

 

Programme :

Introduction de la formation

 

I – Ceux qui ont besoin des murs

 

Date :

Vendredi 25/03/2022,

de 13h30 à 16h30

 

Enseignants :

Caroline Doucet

Anne-Marie Le Mercier

 

 

Il y a ceux qui ne cessent d’appeler sans pouvoir formuler d’autre demande que ce pur appel à une présence.

Il y a ceux qui attentent à leur vie ou qui menacent de le faire, manifestant combien la pulsion de mort les gouverne quand ils se sentent livrés à eux-mêmes.

Il y a ceux que rien n’arrête, objets d’un déchaînement pulsionnel qui les précipite dans la violence la plus extrême à l’endroit des autres.

Certains disent avoir besoin de se sentir entourés de murs, contenus réellement, tandis que d’autres ne parlent pas mais ne cessent de répéter l’acte qui les conduit vers l’enfermement.
Les murs, prison ou asile, asile en prison aussi bien, peuvent-ils servir d’abri au sujet ?

L’éthique de la psychanalyse amène Lacan à noter dans son Séminaire xi que peu de sujets peuvent résister à « l’offrande à des dieux obscurs d’un objet de sacrifice », succombant à ce qu’il appelle « une monstrueuse capture ». Celle-ci peut prendre diverses formes : une mission, une voix, une indicible haine de l’autre ou de soi, une dette non symbolisable, une fascination pour un tyran, une idéologie… Il nous revient de saisir à quelles conditions, entre les murs qui accueillent un sujet aux prises avec le pire, peuvent advenir un lien et une parole qui lui permettent de composer autrement avec la pulsion de mort, préserver sa vie de sujet parlant et celle de ses partenaires.

Une clinique orientée par la psychanalyse existe dans les lieux de privation de liberté. Nous pouvons apprendre des praticiens comment l’espace et le temps entre les murs peuvent ouvrir quelques sujets à un nouveau traitement de l’insupportable.

 

II – Ceux que leur orientation sexuelle tourmente

 

Vendredi 10/06/2022, de 13h30 à 16h30

 

Enseignants :

Alice Delarue

Anne-Marie Le Mercier

Quel sujet ne s’est pas un jour senti préoccupé par la question de son identité sexuelle et celle de son choix d’objet ?

Mais pour certains, l’inquiétude vire au tourment qui obsède, et la nécessité d’une réponse peut pousser au passage à l’acte, au harcèlement, à l’affirmation d’une certitude empêchant tout échange avec l’autre…

Les mouvements LGBTQIA+, avec leurs nominations diverses de l’orientation sexuelle – cis- genre, cisgenre non binaire, transgenre, non binaire, gender fluid, pansexuel – témoignent de l’em- barras que le sexuel cause aux êtres parlants, ce que Freud a très tôt repéré. Ces déclinaisons des positions par rapport au sexe et au genre indiquent aussi que le symbolique ne peut donner de solution universelle quant à la jouissance qui conviendrait pour que l’humain soit enfin tranquille avec le sexuel. Ni l’interdit, ni la prescription de normes, pas plus que les regroupements commu- nautaires sous des nominations toujours plus nombreuses, ne résorbent l’énigme que constitue pour chacun le surgissement du sexuel.

L’institution, qui a vocation à civiliser la jouissance, peut se trouver en difficulté si elle mé- connaît le tourment que peut susciter chez certains sujets le partage entre la quête, voire la reven- dication d’une assurance quant au sexe et l’impossible résorption du trou que laisse pour chacun l’entrée dans le langage.

Le milieu éducatif ou scolaire, celui du travail, mais aussi les lieux de détention ou de soin n’échappent pas aux manifestations discrètes ou parfois bruyantes de ce déchirement propre à l’humain. Phobies sociales ou scolaires, accusations de harcèlement, burn-out, passages à l’acte sur fond de rejet de la jouissance de l’autre, font symptôme d’une impossibilité pour certains sujets de trouver dans le lien social un ancrage suffisant qui fasse abri à leur impasse vis à vis de ce qui du sexuel fait effraction.

Comment, sans prétendre l’éduquer ou le convertir, accompagner chaque sujet aux prises avec la tyrannie de la pulsion qui fragilise les identifications ?

 

III – Ceux que le couple rend violents

 

Vendredi 23/09/2022

de 13h30 à 16h30

 

Enseignants :

Caroline Doucet,

Jean Luc Monnier

 

 L’embrouille du « faire couple » trouve son acmé dans ce qui se nomme aujourd’hui « violences conjugales » ou « violences intrafamiliales » au point que le politique s’en saisit, établit des protocoles de repérage, de prise en charge des victimes et de rééducation des auteurs présumés ou avérés. Des services ont été créés pour recevoir les victimes, d’autres pour traiter les auteurs de ces violences. Les récents confinements semblent avoir leur part dans une augmentation des faits repérés, notamment dans les hôpitaux.

Du point de vue de la psychanalyse, le couple peut être parental, ce peut être le couple mère-en- fant, mais aussi le couple fraternel, sororal, gémellaire, ou encore amical, amoureux…

Quelle logique préside à ce qui fait couple pour un sujet, et pourquoi en certaines occasions une violence incontrôlable se déchaîne-t-elle ? Que vient nommer ce que l’on appelle violence conjugale ou intrafamiliale ? Le sujet rencontre un point où les défenses contre le réel volent en éclat. Répétition ou surprise font effraction pour lui et pour ceux qui pâtissent de ses agissements non réductibles à un trouble du comportement ni d’origine neuropsychologique. Qu’est-ce qui, dans le couple dont il s’étayait, lui fait soudain violence au point de ne pouvoir s’en échapper que par un acting-out qui montre une question non formulée ; ou un passage à l’acte où un impensable est agi ?

Quelques indications de Lacan pourraient-elles nous orienter dans la lecture de ce qui tourne ainsi au drame ? Il parle de la père-version de chacun, soit la version du père qui se déduit de la jouissance, mais aussi de la perversion maternelle dans la relation entre une mère et son objet. Il dit aussi que si une femme est un symptôme pour un homme, celui-ci peut être un ravage pour elle. Aucune connotation morale dans ces remarques, bien plutôt des propositions pour lire, à partir de la logique, ce que notre collègue Dalila Arpin a appelé les liaisons inconscientes dans un couple.

Notre pari est que cette orientation mène le praticien au-delà du protocole de dépistage et de traitement, vers un réglage sur mesure de la pulsion.

Organisation de la formation

Équipe pédagogique

Les enseignants, médecins ou psychologues de formation, pratiquent la psychanalyse et sont membres de l’AMP.

Les Coordinateurs-Enseignants pour la Section clinique de Rennes sont :

  • Alice Delarue – alice_delarue@yahoo.fr
  • Caroline Doucet – carolinedoucet35@gmail.com
  • Pierre-Gilles Gueguen – pggueguen@orange.fr
  • Jean Luc Monnier – monnierj@orange.fr

 

Les enseignants sont tous psychanalystes, membres de l’ECF et de l’AMP :

Alice Delarue
Caroline Doucet
Anne-Marie Lemercier
Jean Luc Monnier

 

Moyens pédagogiques et techniques

  • Accueil des inscrits dans une salle dédiée à la formation.
  • Cours magistraux et exposés théoriques.
  • Séminaires pratiques avec exposition et discussion de cas.
  • Bibliographie recommandée.
  • Mise à disposition de documents supports à la suite de la formation.

 

Dispositif de suivi de l’exécution de l’évaluation des résultats de la formation avec l’application Digiforma :

  • Feuilles d’émargement.
  • Formulaires d’évaluation de la formation :
    • Évaluation des acquis : questionnaire
    • Évaluation de la satisfaction :
      • À la fin des journées de formation (à chaud).
      • Après la formation (à froid).
    • Certificat de réalisation de la formation.

 

Dernière modification : 22/06/2022

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