Section Clinique

Section clinique
« La clinique lacanienne : retour sur les fondamentaux. La psychanalyse serait-elle l’avenir de la psychiatrie ? »

Durée : 52 heures 30 (14 jours)

Horaires : 21h15-23h15 le vendredi et 10h15-12h15 et 14h-17h30 le samedi

Date :
25 et 26 novembre 2022
9 et 10 décembre 2022
13 et 14 janvier 2023
3 et 4 mars 2023
24 et 25 mars 2023
12 et 13 mai 2023
16 et 17 juin 2023

Type d’action : Action de formation

Langue : Français

Modalité d’entrée en formation : Admission sur dossier après entretien avec un enseignant. Contactez Jean Luc Monnier / monnierj@orange.fr / 02 99 79 72 36.

Délai d’accès : Inscription possible jusqu’à 1 mois avant le début de la formation.

Tarif de la formation :
Au titre de la formation permanente : 600€
A titre individuel : 350€
Pour les étudiants de moins de 27 ans (sur justificatifs) et les personnes en recherche d’emploi : 190€
(Association loi 1901 non assujettie à la TVA).

Prérequis : Afin de suivre au mieux l’action de formation sus-mentionnée le stagiaire est informé qu’il est nécessaire d’être au moins du niveau de la 3ème année d’études supérieures après la fin des études secondaires.
Des demandes de dérogation peuvent cependant être faites auprès du secrétariat. Les admissions ne sont prononcées qu’après au moins un entretien du candidat avec un enseignant.

Public : La formation s’adresse aussi bien aux travailleurs de la « santé mentale », psychiatres, médecins, psychologues, orthophonistes, etc. qu’aux psychanalystes eux-mêmes et aux universitaires intéressés par ce savoir particulier.

Accessibilité : Nos formations peuvent être accessibles aux personnes en situation de handicap. Pour les personnes en situation de handicap, merci de contacter notre référent handicap Anne Colombel-Plouzennec au 06 87 49 32 18, afin de vous accompagner et vous orienter au mieux vos démarches et en fonction de vos besoins.

 

Objectif de la formation et objectifs pédagogiques

Objectif de la formation : Acquérir l’usage des concepts de l’enseignement de LACAN en ce qui concerne : « La clinique lacanienne : retour sur les fondamentaux. La psychanalyse serait-elle l’avenir de la psychiatrie ? ».

Objectifs pédagogiques du programme :

Permettre aux participants de :

• mieux repérer les fondamentaux de la clinique lacanienne ;
• comprendre leurs enjeux cliniques d’aujourd’hui ;
• situer l’articulation entre clinique lacanienne et psychiatrie.

 

Contenu de la formation

L’argument de Pierre-Gilles Guéguen

Il ne peut pas y avoir de pratique approfondie en psychanalyse sans un recours aux grands psychiatres qui ont forgé la nosographie classique. En témoigne une série de conférences organisées 1 par Jacques-Alain Miller autour des grands auteurs classiques, ainsi que ce remarquable ouvrage qui les avait précédées, Variétés de l’humeur 2.

Racines communes entre psychiatrie et psychanalyse

Durant le XIXe siècle et au début du XXe – Foucault et de nombreux historiens et philosophes l’ont montré – la folie a été considérée comme relevant d’une maladie et donc du champ de la santé mentale. Cela a donné lieu à des typologies fondées sur des observations systématiques de patients. Faute de médicaments, la guérison était supposée être un effet naturel de la maladie avec l’adjuvant éducatif du traitement moral de la folie. La mission des psychiatres était alors la protection de la société et celle du patient lui-même par rapport à ses propres tendances destructrices. Si ces questions restent actuelles, la psychiatrie représente pourtant, les patients en témoignent, un abri comme l’indique le mot « asile ».
Les classifications en usage avant l’invention des neuroleptiques offrent un cadre pour une distinction des désordres mentaux basée sur des observations – ce que Foucault appelait la clinique du visible – mais elles ne renseignent pas sur l’étiologie et les causes.
Henri Ey et d’autres ont essayé de construire un pont entre neurologie et psychiatrie, mais si la science avec l’aide de nouvelles imageries (petscan) permet certains résultats, cela ne résout pas ce dont la psychanalyse traite, l’origine du langage 3.
Certaines classifications ont permis une vision subtile de la maladie mentale. Ainsi Clérambault – Lacan disait qu’il était son seul maître en psychiatrie – a inventé le concept d’automatisme mental. Kretschmer, à travers quelques traits relevés chez Kraepelin, a créé la paranoïa sensitive dont l’autre méchant est moins défini que dans le délire paranoïa de kraepelinien de persécution. À cette époque, Paul Guiraud, Henri Ey, etc. donnaient aux recherches une tonalité liée à leur intérêt subjectif. Freud prit sa part du débat avec la névrose obsessionnelle. Ses discussions avec Jung et Bleuler à propos de la schizophrénie et de la paranoïa sont du plus grand intérêt.
Alors qu’au départ Freud ne faisait pas de différence entre névrose et psychose, il a pensé qu’il fallait les distinguer, restant néanmoins prudent en ce qui concerne leur traitement. Ce ne sera véritablement que Mélanie Klein avec son audace décidée qui a amorcé un traitement des psychoses avec des méthodes psychanalytiques.
Donc, si depuis son origine la psychanalyse est profondément mêlée à la psychiatrie, Freud a pris position pour en faire une discipline séparée. C’est vrai aussi de Lacan, dès son intérêt pour Aimée, la patiente de sa thèse, ainsi que celui pour le désir féminin, sans cesser pour autant de fréquenter des psychiatres comme Ey, Delay et bien d’autres admis dans son École.
À partir du xxe siècle, les mouvements antipsychiatriques et leurs idéaux de liberté dans des formes utopiques, souvent dangereuses, ont émergé. Michel Foucault, sur des bases rationnellement mieux fondées, s’en est fait l’écho en démontrant les liens entre le pouvoir et les normes. La psychanalyse est liée au Discours du maître et sa tâche est de le subvertir – pas de le dénoncer : il faudrait se tenir à distance autant de l’utopie antipsychiatrique que des retours de manivelle réactionnaires.

Le livre des désordres
Puis est arrivé le DSM 4. De cette classification qui a pris dans ses griffes toute la psychiatrie au motif d’évacuer la subjectivité dans les diagnostics, tout le monde en sait la pauvreté affligeante. É. Laurent a décrit les effets de ces échelles : « Cela conduit à un évanouissement du réel de la maladie. Cela signe la mort du langage en tant que processus constant de conversation entre le patient et le thérapeute 5 ».
Une fois la mort du langage établie il devient impossible de dire quoique ce soit sur le phénomène, sauf ce qui est inclus dans les échelles. Le DSM trace le chemin pour la destruction du lien social ainsi que des négociations mutuelles qu’il suppose, ce que É. Laurent appelle « position de défaut » : il ou elle n’est plus quelqu’un qui souffre et adresse une demande à un spécialiste mais il ou elle devient un défaut dans l’ordre de l’univers, un délinquant potentiel à rééduquer.

Lacan et la question du diagnostic en psychanalyse
Il y a chez Lacan un mouvement d’enrichissement mutuel entre deux courants de pensée :
D’un côté, au nom de la psychanalyse, il rejette toute forme de ségrégation. Entre la folie caractérisée, la folie douce et la névrose, il s’agit de degrés plutôt que de nosographies ségrégatives. De l’autre, il essaie de préciser les phénomènes, leurs logiques, leurs descriptions fines, leurs différences clairement délinéées, produits du langage. La chaîne est constituée d’éléments discrets qu’il appelle, après Saussure, les signifiants. Avec la métaphore et la métonymie, ces éléments produisent le flot de significations et de sens. « L’inconscient est structuré comme un langage », indique que le concept lui-même comprend le discret aussi bien que le continu.
J.-A. Miller a exploré cet aspect structuraliste de l’enseignement de Lacan jusqu’à ce qu’il se focalise sur le dernier Lacan avec son cours « Tout le monde est fou » et une référence au cœur de la folie délirante, clinique 6. Autrement dit, le terme de sujet renvoie à lalangue du parlêtre et tout spécialement à la lettre.
Dès la fin du Séminaire XX, Lacan passe à une clinique des semblants où le registre imaginaire n’est jamais totalement séparé du registre symbolique. L’objet lui-même étant un semblant, une partie imaginaire du corps est symboliquement élevé dans le fantasme à une équivalence avec le réel. Cela amène Lacan à une clinique floue, une clinique du continu, du transformationnel qui culmine avec les nœuds, en même temps que l’idée qu’il existe une stricte équivalence entre les trois registres.
Le Nom-du-Père était la pierre de touche de l’architecture discrète de la psychose dans le premier Lacan. Sa présence ou sa forclusion permettait de distinguer structures névrotiques et structures psychotiques.
La clinique des nœuds, au contraire, suppose que le Nom-du-Père est une fonction au sens mathématique du terme, de nombreuses valeurs pouvant s’inscrire dans cette variable pour assurer une prise solide sur ce que nous appelons la réalité.
Dans le dernier Lacan, l’aspect normatif et ses potentialités ségrégatives – eux les fous et nous les normaux – s’efface. Lacan suppose que l’analyste ne croit pas à la forme traditionnelle de la société supportée par les religions, ni dans le sauvetage de l’humanité par le progrès.

L’identification au symptôme
S’il est exact que Freud et le tout premier Lacan pourraient être dits « humanistes », le dernier Lacan nous dit qu’il n’existe pas d’opposition entre pulsion de vie et pulsion de mort. La pulsion en elle-même est à la fois construction et destruction.
J.-A. Miller appelle à une clinique ironique qui change les modes de jouissance en prenant en compte le mouvement de la société qui est à la fois constructif et destructif. Ainsi, en ce qui concerne la famille : si les buts et les finalités de la psychanalyse vont au-delà du père comme seule voie possible pour la normativation, si cela réfère à une clinique qui repose métaphoriquement sur l’incroyance fondamentale de la consistance de l’Autre, cette clinique prend au sérieux l’identification finale du sujet avec son symptôme.
Le concept lacanien de sinthome renvoie à un mixte de fantaisie et de symbolique qui s’approche aussi près que possible des bouts de réel auxquels le sujet est fixé. La fin d’une analyse ne peut plus correspondre à une normativation du sujet sous la règle du Nom-du-Père, assurant ainsi une solution valable pour une majorité et laissant sur les côtés du chemin nombre de drop-outs du Nom- du-Père. La fin à travers l’identification au symptôme veut dire deux choses :
1) L’identification au symptôme renvoie à la façon dont chaque sujet, un par un, se maintient dans le lien social avec une solution non standard qui lui permet une certaine forme de jouissance et l’allie à un sens de la responsabilité, du devoir et de la solidarité.
2) Il y a une certaine folie dans la solution originale que chacun a pratiquée. Dans ce sens, c’est ironique : cela dénonce un échec de la métaphore paternelle comme ancre pour le sujet et comme accès à une identification pleinement assumée conformément aux idéaux de son sexe.
L’identification au symptôme veut dire que nous sommes tous fous, au sens où nous sommes tous différents. Et pourtant, tous reliés à travers notre commune dépendance au langage et à la forme de notre relation à l’imaginaire et au symbolique ; jamais séparés à travers la médiation du langage, mais n’accomplissant jamais le rêve d’une sexualité ou d’une union complètement satisfaisante. Cette version des fins de la psychanalyse veut dire aussi que l’inconscient reste ouvert même après la fin de la cure.
Dans sa conclusion de ses conférences de 2008, J.-A. Miller note que dans son dernier enseignement, Lacan formalise la fin de l’analyse en s’intéressant à la logique qui préside à la sexualité féminine, le pas-tout fondé sur une torsion de la logique aristotélicienne.
L’une des conséquences c’est que la psychanalyse ne peut pas être enseignée. D’où la nécessité de la formation de l’analyste par sa cure, d’abord liée à l’expérience de sa propre analyse poussée aussi loin que possible et idéalement au point où il ne reste plus de sujet supposé savoir.
L’inconscient ne peut jamais être suturé ainsi que J.-A. Miller l’a très fréquemment évoqué 7. Un enseignement sérieux et même un savoir extensif sur la psychanalyse est nécessaire, et quand il dit « nous sommes tous fous », pour dire « nous sommes tous délirants », il importe de lire comment il le commente : « Alors cette folie, la folie dont il s’agit, cette folie générique est générale, universelle plutôt, ça n’est pas la psychose. La psychose, c’est une catégorie de la clinique avec laquelle on essaye de capturer quelque chose qui s’inscrit de toute façon dans cet universel-là. C’est une folie qui est délire et le délire, au fond, commence déjà avec le savoir.8 »
Après trente-cinq ans et plus de DSM, la Section Clinique propose cette année, ainsi que l’avait déjà fait J.-A. Miller en 2010, de renouer avec les grands psychiatres classiques, ceux que Freud, puis Lacan, ont fréquentés et connus, ceux qui les ont enseignés et ceux avec lesquels ils ont collaborés.

*La version in extenso de cette présentation est consultable en ligne sur : http://www.sectionclinique-rennes.fr

1. Cf. « La paranoïa vue par les grands psychiatres i et ii », conférences organisées par J.-A. Miller en 2010 dans les locaux de l’ECF. Publiées dans La Cause freudienne, no 73, décembre 2009 et no 74, mars 2010.
2. Cf. Variétés de l’humeur, s/dir. J.-A Miller, éditions Navarin, 2008.
3. Cf. Laurent É., Lost in cognition, coll. Psyché, éditions Cécile Defaut, 2008.
4. Abréviation de l’anglais : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders.
5. Cf. Laurent É., Lost in cognition, op. cit.
6. Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Tout le monde est fou », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris viii, cours du 26 mars 2008, inédit.
7. Cf. Lacan J., in Le Séminaire, livre xxiii, Le Sinthome, texte établi par J.-A. Miller, p. 41, (note sur le concept freudien de Urverdrängung).
8. Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Tout le monde est fou », op. cit., cours du 11 juin 2008, inédit.

 

Programme :

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Séminaire théorique

Vendredi 21h15-23h15

25 novembre 2022 9 décembre 2022 13 janvier 2023
3 mars 2023
24 mars 2023 12 mai 2023 16 juin 2023

Objectifs du module :

  • –  Objectif 1 : appréhender les fondamentaux de la clinique lacanienne dans la littérature psychanalytique
  • –  Objectif 2 : mesurer la nécessité du retour aux fondamentaux de la clinique lacanienne                                                                                                    Contenu :
    « La clinique lacanienne : retour sur les fondamentaux La psychanalyse serait-elle l’avenir de la psychiatrie ? »– Ouverture, Jean Luc Monnier
    – Relire le cas Aimée, aujourd’hui, Martine Marhadour
    – Lire « Petit discours aux psychiatres » de Jacques Lacan, Danièle Olive
    – Classification versus ségrégation, Michel Grollier
    – Les phénomènes élémentaires, Cécile Wojnarowski
    – Pratique de la présentation de malades, Philippe Carpentier
    – Pourquoi et comment se servir de De Clerambault aujourd’hui ?, Anne-Marie Le Mercier

Séminaire pratique

Samedi 10h15-12h15

26 novembre 2022 10 décembre 2022 14 janvier 2023
4 mars 2023
25 mars 2023 13 mai 2023 17 juin 2023

          Objectifs du module :

  • permettre d’élaborer le cas clinique à partir de l’orientation lacanienne
  • sensibiliser les professionnels à une approche adaptée à chaque situation rencontrée dans l’institution
  • apprendre la méthodologie de la construction du cas
  • Contenu :
    Séminaire pratique : atelier « la clinique du cas »
    Pour qu’il y ait chance que la psychanalyse se transmette, il est nécessaire que l’expérience des cliniciens puisse se formaliser. À cet égard le bien dire est essentiel et la construction du cas se fait dans une perspective étroitement liée à l’éthique de la psychanalyse. Lacan, s’il n’a pas donné beaucoup de cas de sa pratique d’une manière développée, a su cependant à chaque fois cerner ce qui de sa pratique était paradigmatique, presque toujours sous une forme ramassée en très peu de mots. Par ailleurs il s’est largement appuyé dans son enseignement sur les cas de Freud ou de nombreux autres psychanalystes d’horizons variés (Ernst Kris, Ella Sharpe, Ruth Lebovici et bien d’autres…) tandis qu’il poursuivait en dépit des modes sa présentation de malades.
    Dans nombre des exemples qu’il discute, l’interprétation du psychanalyste joue un rôle essentiel. Tantôt elle est lévitatoire, c’est le cas de celles de Freud commentées dans l’intervention sur le transfert, tantôt elle enferme le sujet dans une impasse, c’est le cas par exemple de celle de Kris, dans le cas de « l’homme aux cervelles fraîches ».
    Le séminaire pratique vise à cerner ce qui, dans chaque cas présenté, soit par les enseignants, soit par les participants, constitue un moment tournant et consiste à dégager comment dans le cas s’articulent la structure du sujet et l’interprétation éventuelle, et quels effets peuvent en être attendus. Il sera dans ce séminaire, fait appel à des cas de névroses aussi bien que de psychoses chez des sujets enfants ou adultes, la question du diagnostic différentiel demeurant toutefois ouverte.

Séminaire de textes

Samedi 14h -15h30

26 novembre 2022 10 décembre 2022 14 janvier 2023
4 mars 2023
25 mars 2023 13 mai 2023 17 juin 2023

Objectifs du module :

– Permettre de comprendre pourquoi lire aujourd’hui les psychiatres du début du XXe siècle est une nécessité théorique et clinique.

Contenu :

La précision de leurs observations, la rigueur de leurs élaborations teintent l’approche clinique de la psychanalyse encore aujourd’hui. La rencontre de Freud avec l’hystérie sous la houlette de Charcot à la Salpêtrière sera décisive et Lacan rendra un hommage appuyé aux apports de Kraepelin, Guiraud, De Clérambault pour n’en citer que quelques-uns.

Précurseur, Pinel (1745-1826) bouleverse le regard sur les fous en affirmant qu’ils peuvent être compris et soignés. Il initie la reconnaissance de la maladie mentale, organise et humanise les hôpitaux psychiatriques, introduit une approche médico-légale qui permet de libérer les patients de leurs chaînes.

Esquirol (1772-1840) à sa suite, participera activement au débat sur la responsabilité des malades mentaux lors de crimes tels l’affaire Pierre Rivière 1 et prendra une part décisive dans l’élaboration de la loi de 1838 sur les conditions légales de l’hospitalisation en psychiatrie mettant en cause les internements arbitraires.

Puis vient Kraepelin (1856-1926) qui va marquer profondément la psychiatrie européenne en imposant une classification nosologique des maladies mentales fondé e sur des critè res essentiellement évolutifs. La sixième édition de son traité de psychiatrie (1899) qui fera date, systématise la définition, la description et les limites des principales affections psychotiques et fait une place particulière à la paranoïa  Kretschmer y rajoutera Le délire de relation des sensitifs; Sérieux et Capgras, Les folies raisonnantes ; De Clérambault, son automatisme mental et la distinction de l’érotomanie ; Séglas, les hallucinations psychomotrices verbales 2. La distinction paranoïa -mélancolie fait débat.

Enfin, dans ces dé buts du xxe siècle, la paranoïa kraepelinienne va être supplantée par la schizophrénie bleulérienne 3. Bleuler (1857-1939) en effet introduit une rupture dans l’approche des symptômes par l’introduction de la schizophrénie et de ses concepts fondamentaux, Spaltung, autisme, ambivalence, défaut de modulation affective. J.-A. Miller en fait une « production du discours analytique, un rejet du discours analytique, résultat d’une mise au travail des concepts analytiques sur le matériau Kraepelinien, par les bons soins de Bleuler »4. A la différence du repérage psychiatrique actuel, le savoir sémiologique qui s’est dé posé des travaux des « grands psychiatres 5 », nous est précieux encore aujourd’hui. Lire leurs monographies, leurs vignettes cliniques est d’un grand intérêt, mais pas sans l’appareil critique qu’y apporte Lacan. En effet cette clinique, si fine soit-elle, se centre sur la catégorie, la classification.

Ce qui distingue la clinique analytique de toute autre, c’est d’être une Clinique-Sous-Transfert. C.S.T., énonce J.-A. Miller, c’est une clinique sur-mesure, elle s’établit de la rencontre. Plus que de se fixer sur une nomination diagnostique, il s’agit pour l’analyste aux prises avec sa pratique, dans le transfert, de trouver à « faire la paire 6 » avec celui qui s’adresse à lui. En effet, nous dit Lacan « tout le monde est fou, c’est-à-dire délirant 7 ». Tous nos discours ne sont que défenses contre le réel.

1. Auré M., « Pierre Rivière au temps d’Esquirol, Logique subjective du passage à l’acte dans la psychose », publication en ligne sur https://www.lacan-universite.fr/pierre-riviere-au-temps…/
2. Guivarch A., « La folie du doute (avec délire du toucher) ». S’en passer, s’en servir », publication en ligne sur https://www.lacan-universite.fr/la-folie-du-doute-avec-delire-du-toucher-sen-passer-sen-servir/
3. Maleval J.-C., « Aux limites incertaines de la paranoïa . Robert Gaupp et le cas Wagner », La Cause freudienne,
4. Miller J.-A, « Schizophrénie et paranoÏa », Quarto, no 10, 1983, p. 13-31.
5. Cycle de conférences « La paranoÏa selon les grands psychiatres », in La Cause freudienne, no 73, dé cembre 2009 et no 74, mars 2010.
6. Lacan J., « Préface à l’édition anglaise du Séminaire xi », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 573.
7. Lacan J., « Lacan pour Vincennes ! », Ornicar ?, no 17-18, 1979, p. 278.

Conférences

Samedi 15h30 -17h30

26 novembre 2022
10 décembre 2022
14 janvier 2023
4 mars 2023
25 mars 2023
13 mai 2023
17 juin 2023

Objectifs du module :

– Examiner les différentes acceptions des concept fondamentaux de la clinique lacanienne.
– En analyser les enjeux au regard de la clinique contemporaine.
– Illustrer ces concepts avec des exemples issus de l’expérience analytique.

Contenu : La psychanalyse serait-elle l’avenir de la psychiatrie ?

Philippe La Sagna
Ligia Gorini
François Leguil
Jean-Louis Gault
Bruno Alivon
Agnès Aflalo
Philippe de Georges

 

Organisation de la formation

Équipe pédagogique : Les enseignants, médecins ou psychologues de formation, pratiquent la psychanalyse et sont membres de l’ECF et de l’AMP.

Les Coordinateurs-Enseignants pour la Section clinique de Rennes sont :

o AliceDelarue-alice_delarue@yahoo.fr
o CarolineDoucet-carolinedoucet35@gmail.com
o Pierre-GillesGueguen-pggueguen@orange.fr
o JeanLucMonnier-monnierj@orange.fr

Les enseignants sont tous psychanalystes, membres de l’ECF et de l’AMP :

Emmanuelle Borgnis-Desbordes Damien Botté
Frédérique Bouvet
Dominique Carpentier
Philippe Carpentier
Myriam Chérel
Anne Colombel-Plouzennec Anne Combot
Alice Delarue
Benoît Delarue,
Jean-Noël Donnart
Caroline Doucet
Marcel Eydoux
Pr Michel Grollier
Pierre-Gilles Guéguen
Laetitia Jodeau-Belle
Jeanne Joucla
Thomas Kusmierzyk
Anne-Marie Le Mercier
Pr Jean-Claude Maleval
Martine Marhadour
Pr Sophie Marret-Maleval
Jean Luc Monnier
Ariane Oger
Dr Danièle Olive
Laurent Ottavi
Isabelle Rialet-Meneux
Christelle Sandras
Cécile Wojnarowski

Moyens pédagogiques et techniques :

• Accueil des inscrits dans une salle dédiée à la formation.
• Cours magistraux et exposés théoriques.
• Séminaires pratiques avec exposition et discussion de cas.
• Bibliographie recommandée.
• Mise à disposition de documents supports à la suite de la formation.

Dispositif de suivi de l’exécution de l’évaluation des résultats de la formation avec l’application Digiforma :

• Feuilles d’émargement.
• Formulaires d’évaluation de la formation :
o Évaluationdesacquis:questionnaire
o Évaluationdelasatisfaction:
§ À la fin des journées de formation (à chaud).
§ Après la formation (à froid).
• Certificat de réalisation de la formation.

Dernière modification : 17/09/2022

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