Édition 2020

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Mio Xiaochun, The far shore, 2012

1er après-midi : Ceux qui sont désorientés

Ils semblent perdus, dans le brouillard. Leurs propos sont imprécis. Face aux questions qu’on leur pose, ils disent ne pas avoir d’idées. Ils ne respectent pas les horaires, s’égarent dans le temps ou dans les lieux et ne parviennent pas à justifier ce qui leur arrive. Pour certains cela peut aller jusqu’à l’errance momentanée. Peu de choses semblent faire événement et prendre pour eux valeur d’expérience.

Face à cette panne de désir, on peut leur enjoindre de construire un projet, au risque de confronter encore plus ces sujets à la dimension du vide. Parfois, on veut leur en insuffler un, en espérant cadrer ce qui flotte dans un programme organisé, rythmé par des périodes et des objectifs précis. En famille, à l’école, en institution ou au travail, leur entourage tente de leur faire prévoir un ordre du jour, leur conçoit des emplois du temps, des activités organisées et s’inquiète – à juste titre – de ce qui ressemble à une inattention compliquée d’une passivité massive.

Cela peut faire appui un temps, car leur grande précarité subjective les rend sensibles à l’appui du désir d’un autre. Mais pour autant, la bonne foi de l’accompagnant en études ou au travail ne leur suffit pas à fabriquer un idéal ou des compétences dont ils puissent s’orienter. Et lorsque l’échec se répète apparaît l’usure de l’entourage face à l’énigme de cette résistance massive au projet de l’Autre…

Nous ferons une lecture de ce qui est à l’œuvre dans cette désorientation du sujet, que celle-ci soit là de toujours ou soit apparue suite à un événement crucial. Nous pourrons alors tenter d’en déduire les conséquences adaptées à la structure clinique et au cas particulier et dégager des voies de travail.

2e après-midi : Ceux qui ne sont pas autonomes

L’autonomie des enfants en famille et à l’école, celle des « collaborateurs » au travail, celle du partenaire en couple, constitue un maître mot de la vie sociale, ce qui n’empêche d’ailleurs aucunement de contrôler de multiples façons les comportements et les discours de ceux qui se voudraient trop indépendants…

Et pourtant, malgré l’injonction à l’autonomie et la valorisation de celle-ci, il est des enfants ou adultes qui ne peuvent agir – ou même vivre, sans s’assurer de l’avis voire de la présence du corps de l’Autre comme référent. Certains ont besoin de l’appui sur un autre, comme double.

On attribue leur dépendance à une représentation – héritée de l’enfance – d’un Autre tout puissant qui saurait tout ou qui pourrait toujours décider pour eux.

On dit qu’ils manquent de confiance en eux, qu’ils ont besoin d’être rassurés, voire reconnus.

On leur propose du coaching, des mises en situation pour leur apprendre à choisir, à décider, à se donner des plans d’action. Et lorsque cela échoue on suppose qu’ils ne peuvent pas se séparer ou qu’ils ne sont pas motivés. On leur prête des conduites de manipulation. Des mises à l’épreuve par plongées soudaines dans des situations de séparation peuvent provoquer des fugues, des arrêts de travail ou d’autres réponses de retrait indiquant que le sevrage imposé risque de mettre le sujet en danger.

Ainsi, le souci d’adapter l’individu à son environnement et donc à la demande sociale peut buter sur des limites propres au sujet. Il convient de savoir les lire pour éviter de se voir confronté à l’impasse du forçage pour celui qui veut le bien du sujet, ou à celle de la fuite pour celui qui ne peut se passer d’un appui.

Comment une institution peut-elle supporter et soutenir cet appel de certains sujets à un étayage dont ils ne peuvent se passer pour s’avancer dans le monde et se construire une vie sociale ?

3e après-midi : Ceux qui ne peuvent pas attendre

Une préoccupation souvent rencontrée dans les lieux d’éducation et de soins concerne l’impossibilité à attendre de certains sujets, enfants ou adultes : ils ne peuvent supporter que l’on diffère la réponse à leur demande ou à leur question, et ils se précipitent pour agir avant même d’avoir réfléchi aux contours de la situation en jeu. Plus que réactifs, ils sont impatients, voire intolérants à la frustration dit-on. Ils peuvent arguer d’une urgence à résoudre les problèmes, à s’exprimer, à vivre… On les suppose dans une toute puissance. Mais est-ce bien de cela qu’il s’agit ?

Les professionnels craignant parfois d’être débordés par d’imprévisibles passages à l’acte, s’usent dans la répétition du « non, pas tout de suite, pas comme ça » et dans le rappel des règles et des limites face à des sujets que rien n’arrête et qui, pris dans une tyrannie intérieure innommable, semblent ne se concentrer sur rien. Leur corps agité paraît attrapé dans un tourbillon de réponses à de fausses urgences qui tentent de parer au vide.

La question est donc de parvenir à trouver avec eux un réglage de la pulsion et du rapport à l’Autre qui ne soit pas vécu comme une commande ou une oppression. Cela nécessite de se repérer sur l’angoisse du sujet dont le répondant est assez souvent l’angoisse de ceux qui s’occupent de lui.

Le travail portera sur la lecture de ce qui se joue pour le sujet, à partir de cas précis et de quelques concepts permettant d’organiser la logique des phénomènes observables.

Dates :

20 mars 2020

29 mai 2020

18 septembre 2020

Horaires :

13h30-16h30

Lieu :

Rennes, le lieu exact sera précisé avant chaque module.

Tarifs :

Prise en charge par l’institution :

L’ensemble de la formation : 150 € ; ou par demi-journée : 50 €

A titre personnel :

L’ensemble de la formation : 90 € ; ou par demi-journée : 30 €

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