Édition 2021

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Liu Bolin HITC Marine Litter 01 © Liu Bolin_courtesy galerie paris-beijing

1er Après-midi : Ceux qui ne croient en rien ?

Ils peuvent se présenter comme désabusés, mutiques, apathiques, dépressifs, laissant les praticiens de la santé et les travailleurs de l’action sociale qui les reçoivent sur une impression d’impuissance. On dit qu’ils ne croient en rien, ou bien ils le disent eux-mêmes, sans pouvoir toujours préciser à quoi s’oppose cette incroyance – Unglauben dit Freud.

Mais que veut dire « ne croire en rien » ? Est-ce possible ? Que serait donc ce « rien » avec lequel se présente celui qui dit ne pas Y croire ? Se défie-t-il de l’Autre ou de ses propres pensées ? Et si ce rien était au contraire la prémisse d’une certitude qui isole le sujet ? A moins qu’il ne s’agisse d’une perplexité face à une énigme sur son existence, sur son rapport au monde, sur ce que lui veut l’Autre…

Les questions soulevées par la position subjective de l’incroyant amènent à ne pas se précipiter avec notre désir de l’inscrire dans le lien social, de lui fabriquer une identité, une place. Faire des projets, vouloir convaincre ou convertir au bonheur ne peuvent mener qu’à l’épuisement ou au conflit. Plutôt s’agit-il de considérer le statut de ladite incroyance, de repérer en quelle langue elle se décline, ce à quoi elle vient répondre, et de maintenir discrètement ouverte une brèche par où puisse naître une confiance dans la parole. Ce serait une condition pour entretenir un lien qui reste viable et ne menace pas le sujet. Ceci, afin qu’il s’avance à sa façon dans l’échange, avec peut-être la chance que le refus d’être dupe cède la place à une réponse qui le laisse moins errant dans le monde

2e Après-midi : Ceux qui viennent d’ailleurs

Ils viennent d’ailleurs parce qu’ils se sont arrachés à leur terre natale ou parce que leurs parents ont choisi l’exil. Quelles que soient les causes de ces migrations, économiques, familiales, politiques, c’est toujours un élan vital qui entraîne le « sujet migrant » dans ces effroyables périples, qui lors- qu’ils ne sont pas mortels sont généralement très traumatisants.

Or la réalité rencontrée, pour ceux qui arrivent au bout du voyage, n’est pas toujours celle imaginée et c’est un mal de vivre profond qui à l’occasion prend le relais de l’idéal déçu, voire trahi. Les symptômes graves qui peuvent apparaître ne sont pas résorbables dans les effets de la seule diffé– rence culturelle. La perte de repères, l’effondrement des rêves, le désespoir sont autant d’événements subjectifs propres à redoubler le traumatisme du déracinement chez un certain nombre de sujets : abandon de son corps, automutilations, passages à l’acte, bouffées délirantes viennent faire signe du bouleversement subjectif qui se joue alors.

Comment rejoindre chacun(e) dans son drame intime, au-delà de la réalité sociale qui lui donne le statut de migrant(e) ? À la différence de l’aide humanitaire, de l’accompagnement à l’insertion, et même du soutien à l’interculturalité, l’orientation analytique propose de lire dans le dire du sujet ce qui a fait fracture dans son monde, et dans son rapport à la langue. Elle permet aussi de repérer et de construire avec lui ce dont il peut se soutenir en lui-même, ainsi que les appuis possibles pour se frayer une voie syntone à sa singularité propre, où l’Autre lui paraisse moins étrange, voire moins menaçant.

3e Après-midi : Ceux qui se cherchent un diagnostic

Dans le passé, les patients s’adressaient à un psychiatre, un thérapeute ou un analyste avec l’espoir d’être soulagés de leur crainte intime de n’être pas dans la norme, voire d’être fou, mus

par un appel au sens. Aujourd’hui, leur adresse au supposé spécialiste prend une autre forme. Soit celui-ci est sommé d’authentifier le savoir qu’ils ont eux-mêmes constitué à partir de lectures, d’émis– sions radiophoniques ou télévisées, ou de forums sur internet. Soit il doit venir répondre de façon apparemment scientifique à une question déjà mise en forme à partir d’un savoir extérieur : « Mon médecin m’a prescrit un anti-dépresseur, suis-je dépressif(ve) ? », « je suis en arrêt de travail, est-ce du harcèlement ou un burn-out qui m’a rendu(e) aussi inefficace, insomniaque et mal en point ? », « on m’a dit que mon enfant est « haut-potentiel », je pense qu’il est autiste, je veux un diagnostic pré- cis »… L’adresse porte plus souvent sur une demande de nomination que sur une question concernant l’être. La spécialisation des institutions (Centres de traitement des addictions, Services des troubles du comportement alimentaire, Centres de dépistage de l’autisme etc,) participe de cette évolution.

L’entrée par la quête souvent exigeante d’un diagnostic peut rendre difficile l’établissement d’un transfert pour peu que le professionnel se sente mis en demeure de répondre. Le risque est celui d’un court-circuit dans l’investigation avec le sujet de ce qui le préoccupe, sans qu’il parvienne à le formuler autrement que par les signifiants de l’époque qui le réduisent à un nom dans une case à cocher.

Pourtant, il faut pouvoir l’accueillir avec ce qu’il amène pour se représenter et se faire reconnaître auprès de l’Autre, sous peine d’être vite catalogué d’incompétent ou de charlatan ! L’enjeu est important pour les institutions et pour les professionnels en charge des patients au titre du diagnostic ou du traitement.

Comment, avec la psychanalyse, se situer entre stratégie et tactique pour que le sujet se sente reçu dans sa dimension inconsciente et qu’il puisse lire si possible, et au mieux traiter ce qui le détermine, à partir de ses propres coordonnées subjectives et non au travers d’un savoir universel ?

ORGANISATION DE LA FORMATION

« Ceux qui ne croient en rien ? » : vendredi 19 mars 2021 – 13h30-16h30
« Ceux qui viennent d’ailleurs » : vendredi 18 juin 2021 – 13h30-16h30
« Ceux qui se cherchent un diagnostic » : vendredi 10 septembre 2021 – 13h30-16h30

EN VISIOCONFÉRENCE, SELON L’ÉVOLUTION DE LA SITUATION SANITAIRE

MONTANT DE L’INSCRIPTION :
Prise en charge par l’institution :
L’ensemble de la formation : 150 € ; Ou par demi-journée : 50 €

A titre personnel : L’ensemble de la formation : 90 € ; Ou par demi-journée : 30 €

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