Édition 2022

                

                      Mehmet Ali Uysal, Skin serie 2, 2016, courtesy Paris-Beijing Photogallery

1er Après-midi : Ceux qui ont besoin des murs

  Il y a ceux qui ne cessent d’appeler sans pouvoir formuler d’autre demande que ce pur appel à une présence.

  Il y a ceux qui attentent à leur vie ou qui menacent de le faire, manifestant combien la pulsion de mort les gouverne quand ils se sentent livrés à eux-mêmes.

  Il y a ceux que rien n’arrête, objets d’un déchaînement pulsionnel qui les précipite dans la violence la plus extrême à l’endroit des autres.

  Certains disent avoir besoin de se sentir entourés de murs, contenus réellement, tandis que d’autres ne parlent pas mais ne cessent de répéter l’acte qui les conduit vers l’enfermement.

  Les murs, prison ou asile, asile en prison aussi bien, peuvent-ils servir d’abri au sujet ?

  L’éthique de la psychanalyse amène Lacan à noter dans son Séminaire XI que peu de sujets peuvent résister à « l’offrande à des dieux obscurs d’un objet de sacrifice », succombant à ce qu’il appelle « une monstrueuse capture ». Celle-ci peut prendre diverses formes : une mission, une voix, une indicible haine de l’autre ou de soi, une dette non symbolisable, une fascination pour un tyran, une idéologie… Il nous revient de saisir à quelles conditions, entre les murs qui accueillent un sujet aux prises avec le pire, peuvent advenir un lien et une parole qui lui permettent de composer autrement avec la pulsion de mort, préserver sa vie de sujet parlant et celle de ses partenaires.

  Une clinique orientée par la psychanalyse existe dans les lieux de privation de liberté. Nous pouvons apprendre des praticiens comment l’espace et le temps entre les murs peuvent ouvrir quelques sujets à un nouveau traitement de l’insupportable.



2e Après-midi : Ceux que leur orientation sexuelle tourmente

  Quel sujet ne s’est pas un jour senti préoccupé par la question de son identité sexuelle et celle de son choix d’objet ?

  Mais pour certains, l’inquiétude vire au tourment qui obsède, et la nécessité d’une réponse peut pousser au passage à l’acte, au harcèlement, à l’affirmation d’une certitude empêchant tout échange avec l’autre…

  Les mouvements LGBTQIA+, avec leurs nominations diverses de l’orientation sexuelle – cis- genre, cisgenre non binaire, transgenre, non binaire, gender fluid, pansexuel – témoignent de l’em- barras que le sexuel cause aux êtres parlants, ce que Freud a très tôt repéré. Ces déclinaisons des positions par rapport au sexe et au genre indiquent aussi que le symbolique ne peut donner de solution universelle quant à la jouissance qui conviendrait pour que l’humain soit enfin tranquilleavec le sexuel. Ni l’interdit, ni la prescription de normes, pas plus que les regroupements commu- nautaires sous des nominations toujours plus nombreuses, ne résorbent l’énigme que constitue pour chacun le surgissement du sexuel.

  L’institution, qui a vocation à civiliser la jouissance, peut se trouver en difficulté si elle mé- connaît le tourment que peut susciter chez certains sujets le partage entre la quête, voire la reven- dication d’une assurance quant au sexe et l’impossible résorption du trou que laisse pour chacun l’entrée dans le langage.

  Le milieu éducatif ou scolaire, celui du travail, mais aussi les lieux de détention ou de soin n’échappent pas aux manifestations discrètes ou parfois bruyantes de ce déchirement propre à l’humain. Phobies sociales ou scolaires, accusations de harcèlement, burn-out, passages à l’acte sur fond de rejet de la jouissance de l’autre, font symptôme d’une impossibilité pour certains sujets de trouver dans le lien social un ancrage suffisant qui fasse abri à leur impasse vis à vis de ce quidu sexuel fait effraction.

  Comment, sans prétendre l’éduquer ou le convertir, accompagner chaque sujet aux prises avec la tyrannie de la pulsion qui fragilise les identifications ?

3e Après-midi : Ceux que le couple rend violents

  L’embrouille du « faire couple » trouve son acmé dans ce qui se nomme aujourd’hui « violences conjugales » ou « violences intrafamiliales » au point que le politique s’en saisit, établit des proto- coles de repérage, de prise en charge des victimes et de rééducation des auteurs présumés ou avérés. Des services ont été créés pour recevoir les victimes, d’autres pour traiter les auteurs de ces vio- lences. Les récents confinements semblent avoir leur part dans une augmentation des faits repérés, notamment dans les hôpitaux.

  Du point de vue de la psychanalyse, le couple peut être parental, ce peut être le couple mère-en- fant, mais aussi le couple fraternel, sororal, gémellaire, ou encore amical, amoureux…

  Quelle logique préside à ce qui fait couple pour un sujet, et pourquoi en certaines occasions une violence incontrôlable se déchaîne-t-elle ? Que vient nommer ce que l’on appelle violence conjugale ou intrafamiliale ? Le sujet rencontre un point où les défenses contre le réel volent en éclat. Répéti- tion ou surprise font effraction pour lui et pour ceux qui pâtissent de ses agissements non réductibles à un trouble du comportement ni d’origine neuropsychologique. Qu’est-ce qui, dans le couple dont il s’étayait, lui fait soudain violence au point de ne pouvoir s’en échapper que par un acting-out qui montre une question non formulée ; ou un passage à l’acte où un impensable est agi ?

  Quelques indications de Lacan pourraient-elles nous orienter dans la lecture de ce qui tourne ainsi au drame ? Il parle de la père-version de chacun, soit la version du père qui se déduit de la jouissance, mais aussi de la perversion maternelle dans la relation entre une mère et son objet. Il dit aussi que si une femme est un symptôme pour un homme, celui-ci peut être un ravage pour elle. Aucune connotation morale dans ces remarques, bien plutôt des propositions pour lire, à partir de la logique, ce que notre collègue Dalila Arpin a appelé les liaisons inconscientes dans un couple.

  Notre pari est que cette orientation mène le praticien au-delà du protocole de dépistage et de traitement, vers un réglage sur mesure de la pulsion.

 

ORGANISATION DE LA FORMATION

« Ceux qui ont besoin des murs » : vendredi 25 mars 2022 – 13h30-16h30
« Ceux que leur orientation sexuelle tourmente » : vendredi 10 juin 2022 – 13h30-16h30
« Ceux que le couple rend violent » : vendredi 23 septembre 2022 – 13h30-16h30

 

MONTANT DE L’INSCRIPTION :
Prise en charge par l’institution :
L’ensemble de la formation : 180 € ; Ou par demi-journée : 60 €

A titre personnel : L’ensemble de la formation : 100 € ; Ou par demi-journée : 40 €

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Dernière modification : 11/09/2021

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