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La naissance de la psychanalyse est intimement liée au désir de Freud et à sa rencontre avec le symptôme. Il remaniera tout au long de sa vie sa théorie, le symptôme aura toujours des restes indestructibles, leur éradication est impossible.

Dans ses premiers travaux sur l’hystérie, Freud se fonde sur une conception traumatique du symptôme, des représentations traumatiques refoulées persistent sous formes mnésiques et en sont la cause. Sa théorie du symptôme va évoluer tout au long de son oeuvre, il passe successivement de la théorie traumatique à la théorie du fantasme. C’est l’espoir mis dans les pouvoirs du sens pour délivrer le sujet du symptôme. Bien qu’il y ait des allègements symptomatiques, quelque chose résiste, il y a ce qu’il nomme des restes symptomatiques. A quoi le symptôme satisfait-il ?

En 1926, il publie « Inhibition, symptôme et angoisse » ; il y lie alors les concepts de symptôme et de libido. Le symptôme devient un substitut de l’exigence de la pulsion. Il y introduit ainsi la dimension de la jouissance, qui vise l’expérience du réel dans la cure analytique. Le symptôme résulte alors d’un conflit irréductible.

Lacan dans son « Retour à Freud », emprunte les pas de l’ œuvre du père de la psychanalyse. Le symptôme y est tout d’abord pris comme métaphore dans « L’instance de la lettre » en 1957, puis dans son ultime enseignement comme jouissance, « c’est un parcours qui va du sens à un au-delà du sens » (1). Le symptôme prend la figure de Janus, selon la formule de Jacques-Alain Miller, une face de sens liée au signifiant et une face de jouissance. Dans son cours Jacques-Alain Miller présente « Inhibition, symptôme et angoisse » comme « la clef du dernier enseignement de Lacan » (2). Cette année là, il en accentue le déchiffrage, et de ce « reste inassimilable et irréductible au principe de plaisir » (3), il en fait le partenaire du sujet. C’est un nouveau concept qui est construit : le partenaire symptôme.


1. Miller J.-A., Le séminaire de Barcelone sur Die Wege der Symptombildung, dans Le Symptôme charlatan, Seuil, Paris, 1998
2. Miller J.-A, cours donné dans le cadre de l’Université Paris VIII, L’Orientation lacanienne, « Le Partenaire-symptôme », cours du 19 novembre 1997
3. Ibid., cours du 10 décembre 1997

Références :

  • Freud S., Inhibition, symptôme et angoisse. PUF, Paris, 1971
  • Lacan J., Le séminaire XX, Encore, texte établi par Jacques-Alain Miller, Seuil, Paris, 1975
  • Miller J.-A., « Le séminaire de Barcelone » in Le symptôme charlatan, Seuil, Paris, 1998
  • Miller J.-A., « La théorie du partenaire » in Quarto 77, Juillet 2002
  • Miller J.-A., « Lire un symptôme » in Mental 26, Juin 2011
  • Eric Laurent : « La société du symptôme » in Quarto 85, Novembre 2005

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