2009-2010

 

Retour sur l’hystérie

 

Affichette A3 2009 003.pdf, page 1 @ Preflight ( UPIV Golf 2006Ce n’est pas pour rien que le Séminaire XVII porte en couverture la célèbre photo de Daniel Cohn-Bendit prise par Gilles Caron. Les étudiants étaient alors une préoccupation de Lacan, il voyait se profiler ce qui en Italie ou en Allemagne allait donner lieu à des tentatives d’insurrection terroristes. Il savait que ceux qui s’y engageaient finiraient broyés par leurs idéaux.

Le Séminaire XVII c’est aussi la production des « discours » et de leur formule. Mais – et c’est un aspect moins souvent évoqué – Lacan met dans ce Séminaire porté par l’air du temps et le refus ce qu’on appelait « la société de consommation » tout son poids, pour signaler que l’ère du Père Freudien est désormais terminée. Il interprète à sa façon la « montée au zénith social » de l’objet et rejoint sur cet aspect là la contestation étudiante. Il entre de plein pied dans l’au-delà de l’Œdipe et il s’y engage avec la détermination que l’urgence des temps requiert. L’intertitre donné à l’un des chapitres par J-A Miller est en effet « l’Œdipe inutilisable. »

Toutefois ce Séminaire est aussi pour lui l’occasion de renouveler la clinique de l’hystérie, et précisément à propos de la politique de l’époque. Ainsi l’hystérie, cette catégorie nosographique qui devait bientôt disparaître des classifications psychiatriques, est-elle au contraire élevée par Lacan au rang d’un discours inscrit dans l’inconscient des sujets mais aussi trans-individuel. Et en effet tout au long du Séminaire XVII nous trouvons des notations inédites et fondamentales sur la dialectique du discours hystérique et du discours du maître, sur la stratégie de l’hystérique et son rapport inconscient à la vérité.

Ainsi par exemple Lacan revient-il sur le cas Dora d’une manière approfondie pour la première fois depuis le séminaire « L’angoisse. » Il l’examine cette fois à l’aide du concept de jouissance et à la lumière de la « vérité, soeur de jouissance. »

Nous donnerons à chacune des notations sur la névrose hystérique contenues dans ce Séminaire la place exacte qui leur convient, et leur assurerons la mise en perspective qu’elles méritent. Il est essentiel dans la conjoncture où se trouvent aujourd’hui les sections cliniques de revenir à l’étude de la névrose, en particulier dans la clinique différentielle d’avec la psychose ordinaire. Nous nous appuierons pour cela sur les propos tenus par J-A Miller dans sa conférence « Effet retour sur la psychose ordinaire. » (1) Il s’est agi en effet, avec le concept de psychose ordinaire « d’esquiver la rigidité d’une clinique binaire névrose-psychose », – et ses effets de ségrégation. Néanmoins, tout particulièrement, le clinicien dont le lot ordinaire est d’avoir affaire à des cas de psychoses, doit se repérer par rapport à la structure névrotique car il y a psychose ordinaire : « Quand la psychose ne va pas de soi, quand elle n’a pas l’air d’être une névrose, quand ça n’a ni la signature de la névrose, ni la stabilité, ni la constance, ni la répétition de la névrose. Une névrose est quelque chose de stable, une formation stable. » (2)


1. Miller J.-A., « Effet retour sur la psychose ordinaire », Revue Quarto n°94/95
2. Ibidem, p.44

Télécharger l’affiche

Liens vers les pages du thème :

Séminaires théoriques

Séminaires de textes

Séminaire du Cercle


Historique des conférences des invités :

 

  • 21 novembre 2009 – Patrick Monribot
  • 12 décembre 2009 – Marie-Hélène Blancard
  • 16 janvier 2010 – Monique Kusnierek
  • 13 mars 2010 – Marie-José Asnoun
  • 10 avril 2010 – Marie-Hélène Brousse
  • 29 mai 2010 – Jean-Louis Gault
  • 19 juin 2010 – Jacqueline Dhéret

 

Les commentaires sont clos.