Édition 2020-2021

Retour sur « Inhibition, symptôme et angoisse »

« Le dernier enseignement de Lacan constitue […] un second retour à Freud. » J.-A. Miller, « Le partenaire symptôme », cours du 10/12/97, inédit.

Le tournant des années 20 (selon la formule consacrée dans les études freudiennes) consiste — on s’en souvient — en une révision par Freud de toute sa première clinique qui était une clinique du sens visant à la guérison du symptôme.

On imagine mal quelle catastrophe meurtrière la première guerre mondiale a été pour l’Europe. Freud lui-même dans sa vie personnelle fut plusieurs fois endeuillé dans son entourage immédiat (en particulier par la mort de son petit-fils Hans) et devait découvrir peu après la guerre son cancer de la mâchoire qui ne le laissera plus tranquille (1923). Dans un post-scriptum datant de 1935 à son autobiographie (Selbsdarstellungen, 1925) écrite la même année qu’Inhibition, symptôme et angoisse, il dit ceci :

« Dans cette dernière décennie, il est vrai que je me suis encore lancé dans maint travail analytique important tel que la révision du problème de l’angoisse dans Inhibition, symptôme et angoisse, […] mais il est quand même juste de dire que depuis que j’ai posé les deux sortes de pulsion (Éros et Pulsion de mort) et décomposé la personnalité psychique en moi, surmoi, et ça (1923) je n’ai plus livré de contributions décisives à la psychanalyse ; et ce que j’ai écrit par la suite aurait pu manquer sans dommage ou aurait été suppléé sous peu par un autre biais. »

Notons que dans ce moment sombre d’introspection, Freud épargne quand même le texte qui fait l’objet de notre étude cette année. On peut se demander pourquoi ce texte a surnagé pour Freud lui-même et vaut la peine de faire l’objet d’un « Retour » en 2021.

J.-A., Miller apporte en 1997 dans deux leçons de son cours, une réponse décisive :

« Il n’est pas excessif – dit-il – de poser que ce texte de Freud surplombe l’ultime enseignement de Lacan. En effet une orientation vers le réel rencontre d’abord, non pas l’inconscient mais le symptôme […] Dans Inhibition symptôme et angoisse, c’est ce que Lacan privilégie, le terme du symptôme en tant qu’il ne cesse pas de s’écrire, en tant que sa permanence s’impose à l’expérience. »

On la retrouve encore énoncée sous la forme : « La doctrine du symptôme telle qu’elle s’expose dans Inhibition, symptôme et angoisse, se passe du déchiffrage. »

Je proposerais pour le thème de la Section clinique de Rennes de mettre à l’épreuve ces différentes affirmations de J.-A. Miller.

Pierre-Gilles Guéguen

Programme

Liens vers les autres pages de l’année :

Séminaires théoriques

Séminaires de textes

Séminaire du Cercle

Les commentaires sont clos.