Séminaire du Cercle

Quel(s) joint(s) entre l’Autre et la Jouissance ?

 

Dans le Séminaire « D’un Autre à l’autre », Lacan définit la structure du sujet entre trois termes essentiels : l’Autre, la jouissance et l’objet a. Entre eux, le savoir prend un statut particulier, en tant que la jouissance est exclue de ce qui peut se dire. Il y a antinomie de l’Autre et de la jouissance, comme l’indique Jacques-Alain Miller, et ce Séminaire explore cette antinomie. Un réel échappe au symbolique et fonde cependant le savoir qui se construit dans la cure, puisque que Freud déjà proposait à ses patients de dire ce qui ne se sait pas. Le sujet supposé savoir de Lacan s’y enracine.

Lacan insiste sur le repérage essentiel dans la cure, au-delà de l’exploration nécessaire de l’histoire du sujet : sous quel mode de présence ont été offerts au sujet, savoir, jouissance et objet, à partir de la façon dont se sont présentés les désirs chez ses parents ? Il en fait un ressort du « choix » de la névrose ou de la psychose tout en précisant : « Il n’y a pas eu de choix, car le choix était déjà fait au niveau de ce qui s’est présenté au sujet » (1) en fonction des trois termes évoqués plus haut. Il s’agit donc de repérer comment pour un sujet, la rencontre du signifiant et de la jouissance seraient venus déterminer sa position comme défense face au réel. La perversion trouvera aussi dans ce Séminaire une base théorique permettant de lire certains fantasmes.

Nous pourrons soutenir cette orientation pour construire les cas étudiés au Cercle en prenant appui sur une remarque d’Éric Laurent : « Un cas est un cas s’il témoigne et de l’incidence logique d’un dire dans le dispositif de la cure et de son orientation vers le traitement d’un problème réel, d’un problème libidinal, d’un problème de jouissance. » (2) Nous aurons ainsi une trame pour aborder les diverses facettes de l’Autre et celles de l’autre, déclinées dans une cure, afin d’en cerner la fonction logique dans leur rapport à l’inconsistance de l’Autre : le prochain, comme « imminence intolérable de la jouissance » (3), l’Autre méchant, l’Autre féroce et le surmoi, l’Autre dans le fantasme du névrosé, mais aussi l’Autre dans sa fonction de « corps en tant que perçu comme séparé de la jouissance. » (4)

Nous pourrons également serrer l’objet a venant se substituer au signifiant de l’Autre barré, faisant trou dans l’Autre, et donnant forme à la jouissance à partir de bords dans le corps. La pulsion sera remise à l’étude, à partir des objets dans lesquels elle s’incarne, permettant un joint entre l’Autre et la jouissance. Comment les dires qui se déploient dans la cure portent-ils à conséquence sur ces points pour le sujet ? Ceci touche à la fonction de l’interprétation.


1. Lacan ­J.,­ Le Séminaire, Livre XVI, « D’un Autre à l’autre… », ­Paris, ­Seuil,­ 2006,­ p.332
2. Laurent ­É., ­ »Le récit de cas, crise et solution », ­Liminaire ­des XXXe Journées de l’Ecole de la Cause Freudienne, EURL, Huysmans, 2001, p.20
3. Lacan J., Op. cit., p.225
4. Ibid., p.274

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