Séminaires de textes

Commentaire suivi de textes

 

La notion lacanienne de désir a plusieurs noms dans l’allemand de S. Freud : Wunsch, Begehren, Sehnsucht. Reconstituable dès ses premiers travaux du père de la psychanalyse, elle est d’emblée l’objet de tous ses soins. Avant même l’établissement de la triade des formations de l’inconscient (symptôme, rêve, mot d’esprit), elle intervient déjà dans ses premières conceptions du trauma, pour les transformer de fond en comble en montrant les limites de la théorie de la séduction, envahit son « Esquisse d’une psychologie scientifique », lui permet de dynamiter les théories de la dégénérescence.

Mais dès lors, le désir présente un certain nombre de paradoxes :

– il se présente comme a-temporel — toujours « infantile » — alors même que, nommé Wunsch, c’est à dire souhait dans « L’Interprétation des rêves », il est, selon les termes de Lacan, « optatif » : à la fois présent et irréel.

– dans la composition du rêve, le désir infantile joue le rôle du capitaliste, dépendant des « pensées de la veille » qui jouent le rôle de l’entrepreneur, réalisant un paradoxe proche de celui décrit par l’économiste Schumpeter.

– appuyé, en tant que Begehren, sur les pulsions il n’a de cesse de protester contre elles (contre leurs Triebforderungen) en se réglant sur le dispositif du fantasme – y compris dans le fantasme « Un enfant est battu ».

– il relève du principe de plaisir, et comme tel doit constamment ruser avec le principe de réalité… jusqu’au moment où la pulsion de mort vient pointer le bout de son nez, ruinant le recours de Freud à l’utilitarisme.

– il est désir de désir, spécialement dans l’identification hystérique, mais il est également désir de séparation.

– il est également Vatersehnsucht, nostalgie pour le père, comme Freud y insiste dans « L’Avenir d’une illusion », une qualité qui dans les articles de la « Psychologie de la vie amoureuse », confinait au trait de perversion, marquant l’objet d’une dégradation.

Avec Lacan, le désir prend un tour encore plus radical, pour s’identifier constamment avec la question de la nature du sujet, rejetant constamment la tentation d’identifier celui-ci avec le moi. Ce n’est qu’à partir de ses Séminaires que Lacan thématisera le désir, qui est certainement la notion sur laquelle il aura le plus élaboré (plus de 140 références).

Les commentaires de textes se recentreront sur quelques-unes de ces nombreuses articulations : le lien entre désir et défense (premiers séminaires), la minutieuse progression de l’élaboration du graphe du désir, les articulations entre désir et demande, l’opposition entre métaphore et métonymie, les élaborations du désir masculin et féminin, le lien entre désir et énonciation, les transitions du Nom-du-Père au désir paternel.


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